La logistique inverse: opportunités et risques pour la compétitivité des entreprises en questions environnementales

  • Grace Ladeira Garbaccio - 05 juillet, 2014 - Publications

Notre système de production actuel est basé sur l’utilisation et la transformation des matières premières en produits finis / commercialisés, générant des bénéfices tangibles et / ou intangibles au profit de leurs consommateurs. L’achèvement de ce cycle production / consommation se fait par l’élimination finale (ou la réutilisation) de ces produits.

Toutefois, les intempéries – phénomènes naturels, tels que les vents forts, la chaleur, l’humidité, la sécheresse, entre autres – provoquent une transformation en continu de la matière, garantissant en quelque sorte l’évolution humaine et le processus de production : un savoir-faire du XXe siècle n’est pas reproduit dans son intégralité au XXIe siècle. La matière première utilisée à une époque antérieure ne se trouve pas nécessairement dans les mêmes conditions aujourd’hui, soit du fait de sa rareté, de la perte de sa qualité, de la difficulté de son extraction, etc. Mais le changement ou même la disparition de la matière première, souvent causée naturellement, rend possible l’évolution.

Dans ce contexte, Rogers et Tibben-Lembke (1999), nous propose la définition suivante de la Logistique inverse :

« Le processus de planification, implantation et le suivi de l’efficacité, du coût effectif des flux de matières premières, de l’inventaire des processus, des produits finis et des informations connexes, de sa consommation à son origine, en vue d’en récupérer de la valeur ou de les traiter de façon appropriée » (Rogers, Tibben-Lembke, 1999, p. 2).

Associé à l’idée de transformation de la matière, que ce soit par un processus naturel ou artificiel (l’action humaine, par exemple), il existe des stratégies de développement durable des opérations, à savoir, la création d’opportunités relatives à la rareté de la matière première et la création de besoins de préserver une matière première ou encore de créer des alternatives de substitution ou recyclage.

Au Brésil, la logistique inverse, envisagée par la Politique Nationale sur les Déchets Solides – PNRS (Loi Fédérale n° 12.305/2010), a récemment été présentée comme un moyen de promouvoir les idées développées ci-dessus : dans la chaîne de commercialisation des produits, la garantie du retour au fabriquant des déchets générés par l’utilisation du produit entraîne un changement dans la gestion interne de son processus de fabrication.

Dès lors, la rareté de la matière première d’un produit, la nécessité de sa préservation et le traitement obligatoire des déchets générés entraînent des changements importants dans le mode opératoire de production.

Ainsi, les questions liées à l’efficience et à l’efficacité environnementale devront être prise en considération dans les domaines de stratégie commerciale, de planification de l’opération proprement dite, ainsi que de contrôle des flux et canaux de distribution, afin de permettre la mise en place d’une logistique inverse du produit.

L’efficience et l’efficacité environnementale susmentionnées doivent être considérées comme la façon de concevoir un produit, d’un point de vue environnemental. Il convient de tenir compte des matériaux utilisés susceptibles de recyclage. Cette pratique, lorsqu’elle est stratégiquement orientée, améliore la performance économique d’une entreprise. De la même façon, l’origine des matières premières d’un produit, l’évaluation de sa consommation énergétique – thermique, électrique, gaz, etc., l’utilisation d’intrants en général, la consommation d’eau, entre autres intrants intrinsèques des processus de production, doivent être intégrés dans l’étude de sa conception. Tous ces facteurs, dotés d’un aspect économique, juridique, environnemental, de l’image / réputation de l’entreprise, ont une incidence direct sur l’avantage compétitif d’une entreprise.

Le processus de logistique inverse est représenté en pratique comme suit :

LEITE, P.R. Logística reversa: meio ambiente e competitividade. São Paulo Prentice Hall, 2003.

Ainsi, compte tenu des demandes d’amélioration des processus de production visant le respect de la législation environnementale, il convient d’avoir une approche systémique des systèmes industriels et la disponibilité environnementale. Il est également opportun d’analyser les interactions entre les flux / transformations des matières premières et la consommation d’énergie, ainsi que les aspects juridiques applicables à chaque cas (soit dans la production ou la logistique), afin de réorganiser le processus industriel, de manière cyclique, pour répondre aux exigences de la logistique inverse et maintenir son avantage compétitif et la prévention de dégâts environnementaux par le traitement des déchets générés.

L’équipe de Conseil juridique et technique de l’environnement du cabinet Chenut OLIVEIRA SANTIAGO, est à votre entière disposition pour tout éclaircissement et toute assistance nécessaire au respect de la réglementation environnementale applicable à vos activités.


 Por Grace Ladeira Garbaccio – Advogada Consultora em Direito Ambiental